Contreperformance pour le rétifié

Source:
Fordaq
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Place Kléber à Strasbourg, les platelages en hêtre rétifié vont être remplacés. En 2007, la société Sineu Graff, leader de l'aménagement urbain et notamment du segment des bancs publics, avait développé pour la place Kléber le concept de jardin mobile : des parterres de fleurs surélevés et encadrés par des platelages faisant office de bancs. Conformément à l'orientation éco-responsable prise par la municipalité, l'entreprise avait opté pour des platelages en hêtre rétifiés par l'entreprise vosgienne Sefwood. Le marché portait sur une valeur totale d'un peu plus de 450 000 euros. Malheureusement, comme le constate le conseil municipal en avril dernier, les platelages se dégradent très rapidement. Ils se fissurent et leur ruine est accélérée par des actes de vandalisme, de sorte que les bancs partiellement détruits sont devenus dangereux. Les deux parties sont tombées d'accord pour se partager le coût du remplacement total des platelages, soit par une essence locale, soit par une essence tropicale, mais sans doute pas par du bois rétifié. Le choix se portera sur un produit certifié PEFC ou FSC, et susceptible de résister mieux aux actes de vandalisme. Cette contre-performance ne condamne pas le rétifié qui a fait ses preuves dans de nombreux autres usages, notamment en façade. Il ne doit pas non plus signifier l'abandon des solutions de thermo-traitement pour les ouvrages des espaces publics, ni celui du recours à des essences locales. Ainsi, il serait sans doute possible de recourir par exemple à du chêne, thermotraité afin de stabiliser le tanin. Le prix, il est vrai, est différent. Tous les torts ne sont pas du côté du thermotraitement ou de la rétification, mais le cas de la place Kléber révèle également une erreur de prescription, ou de programmation.
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