Thermotraitement: poussée internationale

Source:
Fordaq
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En attendant des avancées réglementaires, le marché international du thermotraitement se bonifie peu à peu. En France, le four Besson de Dumoulin Bois tourne. Celui de Sivalbp, d’une capacité de 50 m3, aussi. La Finlande exporte ses fours non seulement en France, mais aussi, par l’intermédiaire de Stellac, dans le Brandenbourg en Allemagne, ce qui constitue l’aboutissement d’une démarche engagée elle aussi depuis une dizaine d’années. La nouvelle entreprise Firstwood vient de passer d’importants accords de commercialisation avec le fabricant allemand d’équipement de jardin Joda (Jorkisch), ce qui va contribuer à banaliser le thermo-traitement aurpès d’un grand public particulièrement sensible aux questions écologiques. Joda propose en exclusivité, d’emblée, une gamme de 4 type de lames de terrasses (pin ou hêtre), et 6 types de bardage (pin exclusivement). Quant à Firstwood, l’offre générée par les deux fours de 60 et 8 m3, d’une capacité cumulée de 8500 m3, devrait s’étendre à 5 classes de résistance concernant le pin, le hêtre mais aussi le frêne et le bouleau.

Le marché des fours offre une belle illustration de la zizanie française. Trop longtemps, les rivalités des concepteurs ont repoussé les transformateurs intéressés, confrontés à des menaces croisées du type : « Si vous achetez le four de l’autre, je vous fais un procès ». A présent, le choix d’équipement de Bois Durables de Bourgogne (BDB) laisse penser que les Français ont perdu la main. Chez Sotralentz, le four roumain qui a brûlé n’a pas été remplacé, et cette branche d’activité du groupe alsacien est pour l’instant en « stand by ». A moins que la filière dans son ensemble ne se ressaisisse et mette au point une stratégie intelligente de développement, par exemple en synergie avec le Fonds Bois et les projets gouvernementaux de restructuration de la filière.

Dumoulin Bois, Sivalbp, Oléobois, NOW, Retitech, Sefwood, BDB, Thermowood... Beaucoup de marques, d'approches technologiques, mais il reste pas mal de questions en suspens. Le bois thermotraité ne grisaille-t-il pas encore plus vite ? Quid de la réaction au feu ? Et si l'amélioration de la réaction au feu entraîne un traitement chimique, ne perd-on pas les vertus écologiques qui justifient cette démarche à l'origine ? Le bois thermotraité constitue-t-il, oui ou non, une forme de barrière contre les termites, ou au moins un répulsif ? La question des fixations mécaniques de ferrures sur des menuiseries en hêtre thermotraité est-elle définitivement réglée ? Malgré ces incertitudes, malgré les débats entre les tenants de la rétification et ceux qui misent sur une approche intermédiaire et plus douce, force est de constater que le plus séduisant, en matière de thermotraitement, reste l'idée de la valorisation du bois local. Ainsi, dans le Pas-de-Calais, un pôle d'excellence rurale a généré la mutualisation d'un outil de coupe (entreprise CSB) dans une optique de développement d'une offre de maisons bois construites avec des essences disponibles dans un environnement de 150 km. Cette approche mène les initiateurs vers une réflexion sur le recours au thermotraitement. Et comme ce pôle d'excellence rurale, stimulé depuis l'origine par les menuisiers de la famille Lavogez, a déjà fourni maintes fois la preuve de sa détermination, on peut parier que le thermotraitement ne restera pas une idée en l'air.
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