Inauguration de l'immeuble Sensations à Strasbourg

juin 13, 2019
Source:
Fordaq JT
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146 logements et commerces, 14 millions d'euros, 9 600 m2 : le programme immobilier sensations, de Bouygues Immobilier, est impressionnant. C'est plus en surface et en nombre de logements que l'opération Quai de la Borde à Ris Orangis (logements sociaux), qui a tout de même défendu son record plus de deux ans. Dans les deux cas, les panneaux CLT occupent une place centrale dans le concept constructif. 

Le projet a été abondamment commenté, moins peut-être l'intermède qui a suivi le test de façade réalisé chez Efectis en avril 2018, entraînant un certain nombre de conséquences, sans doute plus dommageable pour la Cartoucherie en construction à Toulouse, et les autres ouvrages d'habitation multi-étage qui optent pour le tout CLT avec en principe une sous-face de plafond apparente. Le retard pris par le chantier est nettement inférieur à l'année perdue dans le cadre du Palazzo Meridia de Nice, où il a fallu tout recalculer pour parer à un risque sismique important. Mais la charpente du Palazzo Meridia, autre ouvrage de référence du multi-étage en bois, est désormais achevée. Il ne s'agit pas, ou pas encore, d'un bâtiment d'habitation et de fait, si les bureaux en bois multi-étage se multiplie, avec une avalanche de projets aboutis comme le siège de l'ONF qui sera construit par Mathis, les bâtiments d'habitation multi-étage en bois ne sont pas encore nombreux et encore moins quand il s'agit de culminer à R+11.

L'inauguration officielle par Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, souligne cette étape et met en exergue ce nouveau jalon de la construction bois en France. Selon Le Figaro, le prix moyen de vente des deux derniers appartements est un peu plus élevé que la moyenne qui se situe à 3600 Euros/m2. Pour autant, 20 Minutes cite Philippe Michel, directeur technique de Bouygues Immobilier, qui estime que le surcoût a été de 20% par rapport à une construction plus traditionnelle. Surcoût non répercuté sur le prix de vente, mais épongé par le programme d'investissements d'avenir. 

20%, c'est beaucoup. On va scruter les autres opérations en bois qui sont en cours tout autour pour identifier la marge d'économies. Parfois, comme c'est le cas pour l'un des projets AdivBois à Angers, des économies substantielles sont réalisables en remplaçant par exemple un parking souterrain par un parking semi-enterré. Le surcoût du bois n'est pas une fatalité même s'il sonne comme un poncif. Et il faut se demander précisément à quoi on compare les nouveaux ouvrages. Sans oublier qu'au vu de la commercialisation réussie, dans un quartier un peu difficile, rien ne dit qu'une barre en béton 20% moins chère aurait eu le succès escompté à prix de vente au m2 équivalent. 

Il n'empêche que la construction bois d'immeuble d'habitation multi-étage est en retard sur le tertiaire et peine à faire émerger un standard qui permettrait ensuite de réduire pas à pas les coûts de construction. C'est dangereux au moment où l'enjeu devient de créer 3000 logements et 14000 lits pour le village olympique. Dans le tertiaire, les ouvrages successifs ont permis d'évacuer la chape flottante, mais ce ne sera pas si simple dans le logement à cause des enjeux acoustiques spécifiques.