Un point sur le bois énergie en France

février 08, 2019
Source:
Fordaq JT
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Le SER a fêté ses 20 ans par un colloque de deux journées, tandis que paraît comme chaque année le Panorama de l’électricité renouvelable, au 31 décembre et pour 2018. Les données relatives à la production de chaleur sont plus difficile à récolter et donc, la dernière synthèse annuelle de fin 2018 vaut pour l'année 2017. La production d'électricité à partir de biomasse dépasse nettement les objectifs du Plan Pluriannuel de l'Energie (PPE) pour 2018 et laisse donc escompter que la production, en grimpant encore, se situe dans la fourchette prévue pour 2023. Sauf que le projet de nouveau PPE, diffusé depuis le 25 janvier 2019, ne prévoit plus la prise en compte de l'électricité produite par biomasse, apparemment jugée trop coûteuse. Le SER et FBF s'activent pour infléchir le débat. 

Il est toujours aussi difficile de savoir avec précision ou même à la louche dans quelles mesures la France répond aux objectifs européens du Plan Climat 2020.

A défaut, parlons des objectifs franco-français. La production électrique a partir de biomasse, essentiellement du bois, représente un tiers environ de celle des bioénergies, ce qui représente seulement un petit peu plus que 1% de la puissance du parc éléctrique d'énergie renouvelable. Sachant que ce parc cadre avec les objectif du PPE et que la biomasse les dépasse nettement. Mais la nouvelle version-projet du PPE prévoit de ne plus prendre en considération l'électricité produite par la biomasse, en cogénération, car trop coûteuse. 

Par contre, la production de chaleur par ENR est en retard sur les objectifs PPE 2020 et 2030, avec une part en faible progression en 2017 par rapport à 2018, à un peu plus de 18% tout confondu. Il faudrait atteindre 33% en 2020 et 38% en 2030. La production de chaleur par le bois représente plus de la moitié de ces 18%, et 70% si on ajoute la biomasse collective industrielle tertiaire. On attendait l'émergence d'autre sources de production de chaleur, l'objectif du bois domestique étant de passer des foyers ouverts aux installations Flamme verte. Les foyers ouverts ont fortement diminués mais représentent toujours une part de 12% dans la catégorie chauffage domestique au bois. On attendait la chaleur solaire, la géothermie profonde, les gaz renouvelables, les unités de Valorisation Énergétique (UVE) des déchets, la biomasse Collective Industrielle Tertiaire (CIT), les pompes à chaleur (PAC)... Mais c'est le bois domestique qui continue de dominer. 

La question est de savoir ce qu'on fait quand on est à 18,7% alors que l'objectif est de 33%, on a atteint seulement un peu plus que la moitié de l'objectif et cela apparaissait déjà depuis des années. On peut par exemple faire comme pour le dioxyde d'azote dans le débat européen sur le diesel, et estimer que les objectifs sont trop élevés, contester les avis médicaux. Mais se demander en même temps à quoi ça sert de fixer des objectifs pour les manquer à ce point. Est-ce que cela sert à apaiser la population inquiète du changement climatique, en lui laissant faire l'amalgame entre objectifs et réalités, en communicant à fond sur les objectifs et moins sur les réalités qui sont mesurées ensuite. La seconde question est de savoir en quoi tout cela affecte le bois énergie, dont le rendement thermique a été amélioré par la diminution des foyers ouverts. Y aura-t-il un après Flamme Verte, pour tenter d'améliorer encore le rendement thermique ?