Ralentissement de l’activité dans le sud-est

décembre 04, 2023
Source:
RW/Fordaq
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Ralentissement de l’activité dans le sud-est  

Demande en bois ralentie en Occitanie et Paca

 

C’est une évidence, les marchés des bois ne baignent plus dans l’euphorie de l’année 2022. Partout en France, la diminution générale de la consommation et la contraction de l’activité dans l’industrie ont des conséquences sur le secteur de l’emballage où la palette, notamment, subit un coup d’arrêt brutal depuis le début de l’été. Quant à l’atonie de la construction, elle a fait baisser significativement la demande et les prix des sciages résineux.

Le sud-est n’échappe pas à cette apathie de l’économie. « L’année dernière, tout le monde courait après le bois, cette année personne ne manque de matière dans notre région, en particulier parce que les scieries d’Occitanie tournent au ralenti. » Nathalie Triboulet, présidente du syndicat FNB Provence-Alpes, admet cependant que la situation n’est pas catastrophique et que, comme à l’accoutumée, les exploitants forestiers et les transformateurs s’adapteront au changement. « Les marchés des bois ont toujours été cycliques mais, observe la présidente, les cycles deviennent beaucoup plus courts avec des variations plus brutales ce qui nous obligent à réagir très rapidement. »

Toutefois, le secteur du BI semble moins touché que celui du bois d’œuvre résineux en dépit d’une demande fléchissante dans les panneaux et d’une branche papetière chahutée par l’état de l’économie mondiale. Même si la baisse des prix de la pâte depuis un an semble maintenant endiguée, la dégringolade des cours de la pâte a quand même été sérieuse sur un an, soit de -25% à -35% selon les assortiments et les régions de production (voir tableau 1).

Néanmoins et pour l’heure, cette situation ne semble pas provoquer de profonds bouleversements dans les livraisons des usines Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et de Tarascon (Bouches-du-Rhône). Celles-ci produisent 500 000 tonnes de pâte à papier écrue ou blanchie par an nécessitant annuellement 2 300 000 tonnes de bois (soit l’équivalent de 3 300 000 m3).  Les deux sites représentent donc un débouché essentiel pour les scieurs et surtout pour les exploitants forestiers d’Occitanie et de Paca, deux régions où les forêts, à part celles du domaine public, se caractérisent par un fort morcellement, une desserte aléatoire et une production ligneuse de piètre qualité.

À part Fibre Excellence, seule la centrale de cogénération Idex Var Biomasse, à Brignoles (Var), offre actuellement une alternative aux exploitants forestiers avec une consommation de bois évaluée à 180 000 tonnes par an. En effet, l’unité de Gazel Energie à Gardanne (Bouches-du-Rhône), qui devait normalement absorber 800 000 tonnes de bois chaque année pour produire de l’électricité verte, continue de se débattre dans des conflits sociaux sans fin et dans une stratégie commerciale aléatoire (1). Résultat ? Le site n’a pratiquement pas consommé de bois en 2023, les stocks s’accumulent sur parc et les livraisons sont au point mort depuis le printemps.

Dans ces conditions, l’ONF peut s’estimer satisfait des ventes de bois que l’établissement public a organisées dans le sud-est à l’automne. « En BE, nous constatons une bonne activité à prix stables sur un an », note Simon Mewton. D’après le responsable commercial bois de l’ONF Midi-Méditerranée, les taillis de chênes verts et pubescents, orientés sur le bois bûche, se sont négociés sur pied et à l’UP entre 18 €/m3 et 22 €/m3 (voir aussi tableau 2). En BI, la demande reste satisfaisante avec des prix sur pied des pins s’échelonnant en moyenne de 15 € à 30 €/m3 sur pied selon les conditions de mise en marché des coupes (accès, topographie, mécanisation des abattages, qualité des bois, contraintes diverses…).

Mais pour les exploitants forestiers, le vrai problème du moment est ailleurs. Outre l’éco-contribution REP sur la fin de vie des produits qui entrera en vigueur en 2024 et qui aura des répercutions indirectes sur l’aval de la filière, la suppression du GNR est un vrai casse-tête. Cela implique une augmentation des coûts de mobilisation d’environ 15% soit, selon les cas, de 2 € à 3 € par tonne de bois mise en bord de route. « Comment ces nouveaux surcoûts seront acceptés par nos clients ? », s’interroge Nathalie Triboulet.

(1) Gazelle Énergie a cassé son contrat de rémunération fixe de vente d’électricité avec EDF pour venir sur le marché spot juste avant que le prix de l’électricité ne baisse très fortement.

 

Tableau 1 :

LES COURS DE LA PÂTE À PAPIER

Pâte kraft blanchie de résineux/NBSK en US $/T

Sources : Ressources Naturelles Canada, Insee

 

10/2022

04/2023

08/2023

10/2023

Évolution

sur 3 mois

Évolution

sur 1 an

Europe

1500

1250

1150

1175

+2%

-22%

USA

1800

1600

1250

1200

-4%

-33%

Indice Insee 100 en 2010

190,3

133,5

126,3

144,8

+15%

-24%

 

Tableau 2 :

PRIX DES BOIS EN RÉGION SUD-EST

Valeurs sur pied des résineux exprimées en volume tige et en euros/m3 sur écorce

Prix moyens relevés en ventes publiques ONF région PACA

Source Robert Wood/Fordaq

Types de

produits

3T 2018

3T 2019

3T 2020

2T 2021

2T 2022

3T 2022

3T 2023

Taillis de

chêne

15 à 24,50

12 à 25,50

8 à 24

15 à 35

15 à 30

15 à 42

17 à 25

Pin d’Alep

15 à 19

12 à 19

15 à 18

16 à 20

15 à 21

20 à 27

15 à 32

Pin noir

d’Autriche

16 à 20

20 à 26

8 à 15

15 à 22

20 à 23

15 à 30

10 à 21

Pin sylvestre

12 à 20,50

8 à 19

14 à 16

14 à 20

10 à 20

14 à 23

10 à 18