Italie : du chablis qui fait envie

novembre 19, 2018
Source:
Fordaq Italy/Fordaq JT
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Tandis qu'en Europe Centrale, les tempêtes de fin 2017 ont généré des attaques de bostryche de grande ampleur et qui sans doute se poursuivront à partir du printemps prochain, l'Italie sait qu'elle doit déblayer le chablis au plus vite, même si, dans les deux cas, les tempêtes d'automne ont aussi eu pour effet de permettre au bois de sécher durant l'hiver et de devenir moins sensible aux attaques.

Le bostryche s'est tellement étnedu que la récolte s'est concentrée sur les bois attaqués, compliquant la transformation en bois d'ingénierie. Dans ce contexte, le chablis italien est un peu une aubaine, les prix de la matière première chutent et ce n'est pour l'heure pas du bois attaqué. Le chablis de l'Italie du Nord pourrait créer un appel d'air et inciter les groupes autrichiens à suspendre au moins en partie les achats locaux, ce qui accentuerait encore les difficultés des propriétaires forestiers et de la forêt publique en amont.

Dans le Haut-Adige, à deux pas du Tyrol, Fordaq Italy rapporte que les prospection par hélicoptère ont commencé deux jours à peine après l'ouragan, le groupe Rubner étant en bonne position pour se charger avec ses forestiers d'un déblaiement qui devriat s'achever dans 6 mois.

Mais dans la zone de Trente, la situation est un peu différente car le président de la zone autonome du Trentin, Ugo Rossi, a décrété avant de démissionner que seuls les exploitants patentés de la province autonome pourront effectuer les travaux, ce qui suscite à la fois approbations et critiques.

En attendant, le prix des grumes a chuté dans cette zones, passant de 80€/m3 à 20-30€/m3 . On estime qu'un prix de départ d'enchères entre 10 et 30€/m3 est acceptable.

Selon Fordaq Italy, des groupes autrichiens comme Theurl, Binder, Hasslacher et autres sont en train de tirer un trait sur des contrats locaux (l'épicéa a augmenté dans le Tyrol en octobre) pour mieux venir s'approvisionner en Italie, surtout en ce qui concerne les grumes de diamètre restreint particulièrement adaptées aux canters.

Pour les forestiers autrichiens, cela peut représenter un manque à gagner qui perdurera pendant un certain temps, dans la mesure où de nombreuses scieries et des producteurs de bois énergie se tourneront vers l'Italie. Pour les Italiens, un déblaiement rapide permettrait au moins de parer à deux périls, les attaques d'insectes et les dégâts hydrogéologiques que risquent d'engendrer les prochaines pluies.

Pour les scieurs français, qui auront plus de difficultés à accéder à la ressource italienne, c'est plutôt une mauvaise nouvelle, surtout pour ce qui concerne les bois d'ingénierie. Car les transformateurs français auront plus de mal à être compétitifs face aux Autrichiens. Cela pourrait en retour avoir une influence sur les prix des résineux en France.