Encore une hausse pour le chêne en debut de printemps

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RW/Fordaq
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Jusqu’où peut aller le chêne?

Depuis 2013, le chêne ne cesse de grimper. Et tous les professionnels de la filière forêt-bois se demandent jusqu’à quel niveau ses prix pourront continuer de monter en forêt. « Depuis deux générations de scieurs, un tel engouement, c’est du jamais vu ! », estime un spécialiste chevronné de la question.

De fait, aujourd’hui tous les produits du chêne se vendent et la demande ne faiblit pas. Traverses, charpentes, avivés/frises pour le parquet, planches sélectionnées et pré-débits pour le meuble, plot boule pour la belle menuiserie, merrains à tonneaux, tranchage pour le placage... Quel est l’assortiment qui ne trouve pas preneur ? En déco et en agencement haut de gamme, le chêne est l’essence « tendance ». Pour le reste, toutes ses qualités secondaires trouvent des débouchés dans de multiples usages.

Le chêne est devenue la valeur de référence, aussi bien en Europe, qu’aux États-Unis ou en Chine. La cherté du dollar et la reprise de l’immobilier aux USA, la forte demande asiatique (après un léger trou d’air en 2016), la meilleure tenue du marché européen… Tout cela participe au succès d’une essence dont la renommée ne date pas d’hier.

Plus que jamais, sa rareté en fait son prix. En 1993, la récolte française de grumes de chêne s’établissait à 2,7 millions m3 (1). Vingt ans plus tard, elle n’était plus que de 2,1 millions m3 (-22%). Sur la même période, la production nationale de sciages baissait plus vite (-33%). Les exportations en bois ronds et la part grandissante des merrains expliquent sans doute que la courbe de sciages s’infléchisse plus vite que celle des grumes.

Dans ces conditions, comment s’étonner que les cours du chêne aient flambé ces dernières années ? En 2012, les grumes de 2 m3 qui se vendaient bord de route autour de 115 euros/m3, valent aujourd’hui 185 euros/m3 (2). En 5 ans, et dans un contexte d’inflation très faible, l’augmentation atteint environ 60%.

Et en fin de ce premier trimestre 2017, rien ne semble devoir arrêter le chêne aux ventes de printemps qui débutent. Dans l’est et en adjudications publiques labellisées (voir tableau ci-dessous), l’augmentation de prix en rythme annuel s’établit autour de 20%. Par rapport à l’automne, les tarifs progressent encore de 5% en moyenne. Qui peut dire aujourd’hui jusqu’où ira le chêne ?

(1) sources Armef-Afocel, Ctba

(2) aux ventes publiques du Jura et à qualité égale

LES PRIX DU CHÊNE CONTINUENT LEUR PROGRESSION

Prix en euros/m3 de bois façonnés à port de camion

 Ventes publiques ONF du Jura

                 Évolution
  12/2015 03/2016   12/2016 03/2017 à 4 mois      à 12 mois
1 m3 79 98 111 116 +4,5% +18,4%
1,5 m3 127 129 150    158   +5,3%       +22,5%
2 m3 160 151 177,5 187 +5,3% +23,8%
2,5 m3 187,5 168 199 210 +5,5% +25%
3 m3 209 181 217 229 +5,5% +26,5%
3,5 m3 227  -  231,5 244,5   +5,6%  - 

Source : Robert Wood

 

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