2018, année Euroforest

Source:
Fordaq JT
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Du 21 au 23 juin 2018, 40 000 visiteurs sont attendus à St-Bonnet -de-Joux pour la 7e édition d'Euroforest. L'édition 2010 avait souffert de mauvaises conditions météorologiques, créant des tensions avec le syndicat Ascodif. Mais les angles ont été arrondis depuis, notamment grâce à une édition 2014 ensoleillée. Depuis, les organisateurs ont noué un partenariat avec Elmia Wood, le leader européen ; ils ont lancé Forestinnov ; ils abordent l'édition 7 avec un parcours resserré. Euroforest sera un moment fort de l'année 2018 en Bourgogne Franche Comté, année marquée comme année du bois.

La fusion des interprofessions régionales Aprovalbois et Adib en Fibois FBC s'annonce toute bénéfique pour une manifestation qui intéresse tout autant les Bourguignons que les Francs-comtois, préfigurant un équilibre entre les solutions feuillus-plaine et les solutions résineux-pentes. L'édition 2018 s'inscrit dans un contexte marqué par la question des bois de fort diamètre, une sorte de course contre la montre potentielle étant engagée pour éviter que certains peuplement à maturité, comme le douglas, ne dépassent les diamètres de transformation admissibles par les canters. Le canter n'est d'ailleurs pas le seul critère, s'ajoute aussi justement la commodité de récolte, dont Euroforest fera une nouvelle fois la démonstration. 

L'une des grandes questions sera la capacité du pays à relever les défis du PNFB en termes d'augmentation sensible de la récolte, au vu de l'échec de cette augmentation après le Grenelle de l'environnement. Gageons qu'il va falloir trouver des solutions pour aller chercher les grumes à des endroits qui ne sont pas forcément facile d'accès, tout en maintenant l'équilibre économique. En fait, tout dépend en France de cette première étape, qui se trouve exposée à plus d'un titre.

Premièrement, les entreprises consommatrices d'engins forestiers voient leur métier changer, pas tant sur le plan technique qu'institutionnel. L'exploitant forestier est sur la sellette, les ETF interviennent pour le compte de l'ONF, le paysage amont se recompose et maintenant, voici de surcroît une certaine aide de fait octroyée aux coopératives forestières, par ailleurs demandées pour alimenter les chaufferies en bois énergie.

Si l'on analyse le visitorat de la dernière édition, agriculteurs, propriétaires forestiers, retraités et ETF se partagent à part presque égales 60% du visitorat. Le développement des contrats d'approvisionnement depuis 2014 peut contribuer à sécuriser un marché et à développer les ventes d'engins. De même, les certes rares initiatives de revitalisation de la logistique du fer peuvent donner un coup de fouet à l'équipement des entreprises françaises.

Comparé à 2014, force est de constater la montée en puissance d'un facteur de plus en plus prégnant, l'acceptabilité des coupes en zones périurbaines notamment. On peut estimer que cet aspect n'est pas du ressort d'un événement professionnel comme Euroforest, et pourtant il risque d'affecter toujours plus la profession. Peut-être qu'une sorte de marketing est requis, comme d'indiquer aux passants et promeneurs à quoi servira le bois récolté ?

Enfin, toujours en comparaison de 2014, le congrès Aprovalbois de novembre dernier a fait apparaître clairement un problème central de ce secteur, qui est le manque de personnel malgré une perspective de salaire honorable. Là encore, Euroforest se présente comme une vitrine de séduction et de sensibilisation, mais le sera-t-elle d'évidence ou bien faudra-t-il rendre ces métiers plus "sexy" ?

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