Colloque +4°C 2050 : la part du bois

novembre 15, 2019
Source:
Fordaq JT
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La construction bois était la formidable start up de réponse au changement climatique ... il y a 20 ans, mais elle n'a pas été capable de renouveler son discours sur le bois qui stocke du carbone et aujourd'hui, personne ne croit plus à un changement de nature de la construction française au profit de la construction biosourcée. Les part de marché stagnent à un niveau terriblement bas, quoi qu'on se raconte. De nouvelles start up abordent la question du bois urbain d'une façon originale et sans doute complémentaire. 

Si l'on s'en tient à la présence orchestrée au Colloque du 14 novembre, le bois dans la ville s'illustre par les acteurs suivants : Merci Raymond, Végétal ID Le prieuré, Urban Canopée, Reforest'action, MWAV Technologies, Fieldwork Architecture.

Commençons par les autres. Immoblade part d'une formidable idée low-tech : les bâtiments ne bougent pas en principe. On peut donc étudier leur exposition solaire en amont et équiper les vitrages de lames inclinées efficaces l'été et l'hiver, sans technologie complexe et fragile. Immoblade est un complément parfait pour un projet bois low tech. Power Road est un effort désespéré d'Eurovia pour redonner un sens à l'asphalte qui reste cependant un facteur de mobilité. Déjà, Eurovia est en mesure, et l'a prouvé, de recycler totalement sur place des enrobés drainants. S'ajoute maintenant l'option Power Road qui va capter et évacuer la chaleur des chaussées via des réseaux de tubes en polypropylène recyclés. En quelque sorte, le chemin qui mène au lotissement en bois sert de panneau chauffant pour l'ECS. 

Studio Idaë : "La Ville de Paris comporte une spécificité qui pourrait constituer une réponse : le réseau d’eau non potable. Ce dernier, conçu au milieu du XIXème siècle pour l’arrosage des espace verts et le nettoyage de la voirie, tire son eau du Canal de l’Ourcq et de la Seine. L’infrastructure composée du réseau et d’usines de dégrillage permet de produire une eau moins chère et moins énergivore que l’eau potable. Dès lors comment rafraîchir l’espace public à partir d’une eau non potable en respectant les normes sanitaires ? Pour y répondre, Studio Idaë a imaginé un principe de bouche de rafraîchissement. Comme les bouches d’arrosage ou de lavage présentes dans la rue, la bouche de rafraîchissement Aéro-Seine est connectée au réseau d’eau non potable et se met en marche en période de forte chaleur. Le dispositif fonctionne par débordement. Une fois ouverte, l’eau monte et se répand sur une surface constituée d’un matériau poreux. Ce dernier permet d’augmenter la surface de contact entre l’eau et l’air, et ainsi de contribuer à rafraîchir l’air ambiant". La solution est opérante également pour un environnement construit avec du bois. 

Urban Water propose d'aménager des îlots de verdure dans les villes en prenant bien en compte la question de l'irrigation d'été, par un léger pompage de la nappe phréatique, compensé le reste de l'année. La construction bois urbaine a besoin de ces concepts au même titre que la construction lourde.

Plus près encore du bois :

-Merci Raymond : Revégétaliser la ville. "Participer à la re-végétalisation des villes. Amener les habitants des quartiers à s’approprier ces jardinières pour en faire leurs propres potagers. Lutter contre les îlots de chaleur urbains. Construction de jardinières autour de pieds d’arbres dans différents quartiers de paris. Journées de jardinage en équipes pour végétaliser ses pieds d’arbres avec des arbustes fruitiers, des plantes ornementales et aromatiques. Communiquer sur cette pratique en distribuant des flyers en papier ensemencé pouvant être plantés".

-Végétal ID Le prieuré : OASIS est une toiture hydroactive multimodale qui permet de stocker, irriguer, réguler les eaux pluviales en toiture. En principe, cette solution pourrait être appliquée sur un bâtiment en bois. 

-Urban Canopée : La start up développe des solutions végétalisées partout où on ne peut pas planter d'arbres. Elle développe actuellement une solution spécifique pour ombrager les toitures, notamment en bois. 

-Reforest'action : on connaît l'acteur pour sa mobilisation en matière de compensation carbone dans le cadre des RSE. On découvre à présent un acteur susceptible de replanter des îlots de biodiversité de petite surface selon la méthode d'Akiro Miyawaki, sur des sols sans humus ou dégradés. 

-MWAV Technologies : l'idée est de filtrer l'air à travers un substrat végétal, sachant que ce sont les micro-organismes du substrat qui filtrent. Rien n'interdit de penser que demain, une toiture végétalisée protègera le bâtiment en bois des surchauffes tout en permettant de filtrer l'air. 

-Fieldwork Architecture : Avec son projet Tierce forêt, en cours, Filedwork propose de transformer le parking d'un foyer de jeunes travailleurs à Aubervilliers en îlot de fraîcheur avec plantation d'arbre et stockage d'eau de pluie. 

Le monde de la construction bois et ce nouveau monde ne se connaissent pas. D'ailleurs, peut-on seulement parler d'urbanisme biosourcé en France ? Mis bout à bout, ces concepts peuvent commencer à faire sens dans la perspective d'une ville qui risque d'être bien vite au bord de l'asphyxie pure et simple.