Un AMI chasse l'autre

Source:
Fordaq JT
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A l'occasion ce jour du lancement d'un Appel à Manifestation d'Intérêt visant la sélection de sites pilotes pour des Immeubles à Vivre en Bois (pour ne pas dire des tours d'habitation en bois), de façon un peu inattendue, voilà qu'on été désignés les cinq lauréats d'une autre AMI de la filière, portant sur "l'Accompagnement à l’émergence de produits ou  de solutions innovantes permettant de valoriser  la ressource locale en bois feuillus dans la construction", dit AMI feuillus. Il faut dire qu'on attendait les résultats depuis la mi-avril.

Donc, fin septembre 2015, cette AMI feuillus est lancée sous l'égide de la DHUP et avec le concours de la FNB, pour une remise de dossiers fixée au 13 janvier 2016. 3,5 mois pour concourir, 6 mois pour délibérer. Les copies ont été rendues dans les temps les jurys ont siégé, mais apparemment, les pouvoirs publics ont préféré bien border juridiquement leur affaire. Une petite trentaine de candidats ont franchi ce premier pas vers une solution réelle, parfois avec des concepts déjà très avancés. A la clé :

"L’AMI soutiendra les projets retenus en finançant une mission d’accompagnement, sous forme
d’une prestation intellectuelle, par une structure compétente identifiée par le porteur.
Selon la nature et le niveau de maturité du projet, cette mission d’accompagnement pourra
prendre différentes formes. Il pourra par exemple s’agir :
• d’une étude de marchés,
• d’une expertise dans le design ou la conception de produits,
• d’un appui à l’élaboration et à la mise en oeuvre d’une stratégie marketing,
• d’une assistance technique,
• d’une aide à la recherche de financements en vue d’un prototypage ou d’une
industrialisation (AMI de l’Ademe, aides et AAP régionaux, aides de BPI France, etc.) et
portage des dossiers de candidature,
• d’une aide à la recherche de partenaires,
• d’une contribution à l’amélioration de la disponibilité de la ressource et/ou de produits
intermédiaires, sous forme de contractualisation par exemple, etc.
Cette liste n’est pas exhaustive. Tout candidat peut formuler, en le justifiant, une demande
d’accompagnement d’une autre nature.
A noter que les candidats devront identifier préalablement la structure en mesure de répondre à
leur besoin d’accompagnement.
Le financement apporté se fera sous forme de subventions encadrées par la règle de minimis.
La mission d’accompagnement pourra être financée dans une proportion allant de 50% à
80% dans la limite de 50 k€ TTC par projet retenu. Le porteur devra donc solliciter un
cofinancement et/ou engager une part d’autofinancement pour couvrir le reste à financer."

Le jury a apparemment privilégié des projets collectifs, sans doute plus facile à financer mais pas toujours commodes à gérer. Les cinq lauréats sont :

-Groupe Tanguy Matériaux/Abibois : développement d'un produit CLT mixte feuillus/résineux

-Limousin Bois Abouté Feuillus (LBAF) : valorisation du chêne rouge et du châtaignier en carrelts pour la menuiserie extérieure et l'agencement.

-Bois Croisés de Bourgogne : Développement d'un procédé de fabrication et de mise en oeuvre de panneaux CLT en chêne.

-Leko : Prototype de parois en planches de hêtre des Vosges assemblées

-SARL Baulain : Fenêtre innovante en chêne pour la rénovation du bâtiment ancien.

On ne voit pas trop ce que cette annonce a à faire avec ADIVBois mais les pouvoirs publics ont donc saisi l'occasion d'une rare présence groupée de toute la filière avec la présence de deux ministres (Agriculture et Logement), plus la déléguée interministérielle du ministère de l'environnement et du logement.

Dommage quand même pour le retard car Tanguy et LBAF exposaient au CIB, tandis que la construction en feuillus et même la question du chêne rouge a été thématisée au Forum de Lyon. Les projets de Tanguy et de Bois Croisés de Bourgogne donnent soudain un tout autre relief à ce marché du CLT quelque peu poussif au CIB. Bien sûr, on n'est pas dans la surenchère productive des grandes enseignes comme Binder, que tout cela doit faire sourire. Tout comme les projets de LBAF ont de quoi faire sourire des Münchinger ou Holz Schiller. Il n'en reste pas moins que cet AMI est un premier petit pas dans le grand dessein de trouver des débouchés nouveaux aux feuillus français, dans le Bâtiment.

 

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