Les exportations soutiennent – Les marchés du hêtre et du frêne

janvier 09, 2018
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RW/Fordaq
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Exportation Hêtre

L’Asie et le Maghreb, deux destinations incontournables pour le hêtre (Photo: Robert Wood)

Pour le chêne, la fin de l’année 2017 se solde par une nouvelle vague d’augmentation des prix des grumes en forêts. C’est la principale conclusion à tirer des dernières adjudications qui se sont déroulées en novembre et décembre derniers. Sur l’exercice écoulé, et en rythme annuel, la hausse des prix s’établit en moyenne autour de 10%, avec des disparités régionales en fonction de la présence ou non d’un tissu actif de scieurs et d’exploitants forestiers (voir tableau 1).

Pour les professionnels, la principale question est de savoir maintenant si les marchés vont supporter une nouvelle augmentation tarifaire en 2018. En effet, après quatre années ininterrompues de hausse, soit environ +50% sur 2014-2017, les cours de la matière première semblent avoir atteint un niveau tel que l’on imagine difficilement une nouvelle poussée de fièvre sans répercutions néfastes sur la santé des marchés.

En revanche, les autres marchés des feuillus évoluent dans un contexte beaucoup moins dynamique. Celui du hêtre –un des feuillus le moins cher au monde actuellement- est plombé par le manque de débouchés en sciages en France et en Europe. De fait, les grumes de belles qualités, destinées à des niches comme l’ébénisterie ou l’escalier, trouvent preneurs dans l’Hexagone et dans les pays voisins, mais en volumes confidentiels.

De plus, la demande relativement faible en bois énergie et surtout l’atonie de la trituration (due à l’engorgement des stocks dans les usines de panneaux), a quasi stoppé la vente de coupes contenant une forte proportion de petits bois. En conséquence, les cours des grumes en forêt, après la baisse enregistrée ce printemps, n’ont pas beaucoup bougé au 4ème trimestre 2017 (voir tableau 2).

Heureusement, les exportations apportent un peu d’air aux propriétaires forestiers qui se risquent à commercialiser du hêtre. Sur l’outre-mer, les débouchés se répartissent sur deux destinations bien distinctes. D’une part le Maghreb où, d’après Mickaël Michaud, commercial chez AJ Wood, « le marché se caractérise par un volume d’affaires satisfaisant mais surtout par des prix très concurrentiels ».

Par ailleurs, en 2017, le climat d’affaires dans la région a été perturbé par la décision des autorités algériennes de limiter les importations de bois. Mais pour 2018, un espoir de reprise existe avec une amélioration en cours de la situation en Algérie. En effet, après 6 mois d’embargo, le gouvernement algérien délivre de nouveau des licences d’importation aux négociants qui fournissent directement des transformateurs locaux.

L’Asie, d’autre part, pourrait également jouer un rôle positif dans la perspective d’une reprise du hêtre espérée en 2018. « Au deuxième semestre 2017, la demande chinoise était en nette progression par rapport à l’année dernière », constate Nicolas Talpin, co-gérant de GST Bois. Cependant, pour les exploitants forestiers et les négociants, les restrictions d’accès aux ventes publiques (coupes dites « labellisées UE ») et les surcoûts des traitements phytosanitaires à l’exportation de grumes orchestrés par la FNB, resteront encore des freins au marché libre des bois.

Le frêne pourrait également bénéficier de la poussée de la demande en Asie avec, en particulier, la montée en puissance du Vietnam comme nouveau transformateur asiatique très actif. Le marché du frêne, stable en prix (voir tableau 3), se distingue lui aussi par deux débouchés. Le premier, en flux limités, concerne les belles qualités en bois blanc ou en frêne olivier partant sur France et chez nos voisins de proximité.

Le second, englobant pour une faible part le Maghreb, est surtout orienté sur l’Asie qui absorbe des quantités très significatives et ce, en diverses qualités. « Les besoins en grumes sur l’Asie nous permettent d’écouler régulièrement les coupes sanitaires de frênes touchés par la maladie chalarose. » Michel Jacquin, dirigeant de Bois 39, ajoute que la légère baisse des tarifs des containers par voie maritime, enregistrée fin 2017, devrait aussi contribué au maintien des cours du frêne en 2018.

Tableau 1 :

AU 4ème TRIMESTRE 2017,

LES PRIX DU CHÊNE CONTINUENT DE GRIMPER DANS L’EST

Prix en euros/m3 de bois façonné à port de camion

Vente publiques ONF du Jura

Source : Robert Wood

 

4T/2015

4T/2016

4T/2017

Évolution 2015/2017

Évolution 2016/2017

1 m3

79

111

138

+75%

+24,3%

1,5 m3

127

150

176

+38,6%

+17,3%

2 m3

160

178

202

+26,3%

+13,5%

2,5 m3

187

199

222

+18,7%

+11,6%

3 m3

209

217

238

+13,9%

+9,7%

3,5 m3

227

229,5

252

+11%

+9,8%

 

Tableau 2 :

PEU D’ÉVOLUTION SUR LE HÊTRE EN FRANCHE-COMTÉ

Prix en euros/m3 de bois façonné à port de camion

Ventes ONF de Crançot (Jura)

Source : Robert Wood

 

1T/2016

1T/2017

4T/2017

Évolution sur 10 mois

1 m3

50,8

45,5

53

+16%

1,5 m3

54,5

53

56

+5,7%

2 m3

57,4

56,75

58,5

+3 ,1%

2,5 m3

59,4

60,4

60

-0,7%

3 m3

60,5

63,2

61

-3,5%

 

Tableau 3 :

LES COURS DU FRÊNE EN NOVEMBRE 2017 EN FRANCHE-COMTÉ

Prix en euros/m3 de bois façonné à port de camion

Source : Robert Wood

1 m3

60 à 75

1,5 m3

80 à 90

2 m3

95 à 110

Légende photo : L’Asie et le Maghreb, deux destinations incontournables pour le hêtre.

Source: Robert Wood