Digital Days chez SCM

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Fordaq JT
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Interview de Thierry Nicolet, gérant de SCM France, à l’occasion des Digital Days de SCM à Rimini, et de la présence de SCM au salon Eurobois début février.

Monsieur Nicolet, le groupe SCM vient de communiquer sur ses résultats en 2017, avec des indications assez générales…

 

Thierry Nicolet :

-Il s’agit d’une communication au niveau du groupe, qui indique que son chiffre d’affaires, toutes activités confondues, atteint environ 650 millions d’euros pour quelque 3500 employés, soit une augmentation de 200 personnes en un an, dans trois divisions dont celle prédominante de la machine à bois, avec une présence sur 5 continents qui vient d’être renforcée par la création d’une filiale à Vancouver en Colombie Britannique. Le groupe a produit plus de 16 000 machines en 2017, exclusivement en Italie. La croissance à deux chiffres est en phase avec l’évolution du marché français, qui reste le second d’Europe pour SCM en termes de chiffre d’affaires, même s’il glisse désormais au cinquième rang en termes de prise de commandes. La répartition entre machines à bois et autres machines est stable, à la fois dans le groupe et en France.

Où voyez-vous des leviers pour le développement de vos ventes de machines à bois ?

-Le secteur du bois reste primordial pour SCM et dans l’avenir notre politique de marque associera davantage encore la marque SCM à toutes les marques de machines du groupe opérant dans ce secteur. Nous sommes des généralistes de la machine à bois, ce qui nous permet de cibler une grande diversité de clientèles et des entreprises de tailles diverses. Pour autant, la machine à commande numérique représente plus que jamais un axe de développement. Nous constatons que 90% de nos ventes se font avec des machines à 5 axes, ce qui représentait encore une option tout à fait inhabituelle il y a dix ans. Et pour ce qui concerne la taille de charpente, la nouvelle Oikos de Routech est une pure 6 axes, capable d’usiner sans aucune entrave toutes les faces. La nouveauté, c’est aussi que les clients utilisent de plus en plus les possibilités de ces machines, notamment grâce à la maniabilité accrue des logiciels intégrés, comme vont l’illustrer cette semaine les Digital Days au siège de SCM à Rimini.

L’industrie 4.0 est-elle une réalité sur le marché français ?

-Par industrie 4.0 on entend la production connectée à l’échelle 1. Meubles Gautier, qui sera présent aux Digital Days, en offre une bonne illustration. Il s’est équipé de notre offre par morceaux, depuis 2015, en l’associant à quelques machines existantes qui ne sont pas de notre marque, et l’outil de supervision globale que nous lui avons fourni lui apporte pleinement satisfaction. Pour le reste, que SCM propose une telle offre de supervision et de production connectée est une chose. Une autre est la volonté du client d’assumer ces possibilités et ces investissements dans leur contexte de marché. 

Le CLT va-t-il révolutionner l’équipement machine du monde français de la construction bois ?

-Les panneaux CLT ne jouent pas encore un rôle majeur en volume, du moins en France. Notre dernière génération de machines à commandes numériques, Oikos et Area, est adaptée à la fois pour les cas où les fabricants de panneaux se chargent de la découpe, et pour celui où cette tâche est transférée vers des transformateurs spécialisés intermédiaires ou vers les entreprises de construction bois. Sur le plan technologique, l’exemple de Binderholz montre que Oikos convient pour usiner des panneaux CLT en usine. La largeur des panneaux est limitée à 1200 mm mais il suffit de recoller ensuite pour reconstituer des éléments plus grands. Ce qui n’est pas le cas pour Area, qui porte la largeur à 3 m pour une longueur quasiment illimitée. D’ailleurs, Piveteau Bois a passé commande des deux modèles pour équiper sa nouvelle ligne de production de panneaux CLT, baptisée Hexapli, et pour optimiser la taille de charpentes BLC. Cosylva et Euro Lamellé compte également parmi les acquéreurs de cette nouvelle génération de machines. Chez Euro Lamellé, l’investissement remonte à un an et désormais, la machine tourne en 3/8. Pour l’heure, notre capacité de production de machines de type Oikos ou Area est de deux unités par mois, mais elle approche la saturation et nous envisageons de la démultiplier.  

Compte tenu des difficultés traversées par la filière française de construction bois, sur quels segments voyez-vous des possibilités de développement ?

-Je connais bien le secteur allemand de la construction bois et des maisons préfabriquées comme WeberHaus. En comparaison, on peut dire que le marché français est sous-équipé. Afin d’aider à lever le frein financier, qui n’est pas toujours le seul fait de la réticence des banques, SCM va proposer aux clients de nouvelles solutions de financement, sachant que le crédit implique lui-même aussi un coût spécifique. Je pense que le marché français de la moulurière/4 faces repart avec un gros potentiel. Sur ce segment, nous ferons valoir nos atouts spécifiques à Eurobois. Les moulurières sont indispensables pour transformer des sciages bruts, comme cela se fait souvent chez nous, même chez les charpentiers. De plus, avec le développement des constructions multi-étages, la précision deviendra stratégique et les tolérances des composants structurels seront de plus en plus limitées. La construction bois, cela ne se limite pas aux machines de taille et aux plateaux multifonctions. Même les scies à panneaux peuvent en faire partie, comme celles que nous présentons dans le cadre des Trophées Eurobois, avec de nouvelles solutions pour la découpe à double bande qui permet de gagner du temps. 

Qu’en est-il du marché des portes et de fenêtres ?

-L’équipement de Keyor, ex-Fonmarty, est un bon exemple de la situation technologique actuelle pour les portes isoplanes. C’est la première ligne flexible qui permet de sortir 12 portes par minute. En ce qui concerne les fenêtres, une évolution assez récente avait conduit à l’usinage complet, profil par profil. Désormais, les acquis technologique de telles options, qui restent très coûteuses, viennent progressivement enrichir des propositions intermédiaires plus abordables.

Un acteur européen de la machine à bois comme SCM fait-il face, en France comme ailleurs dans le monde, à l’émergence de la Chine ?

-La Chine est notre second client après les USA et devant l’Italie. Nous nous distinguons de confrères européens par le fait que nous produisons exclusivement chez nous, en Italie. Nous ne vendons pas en Europe, sous une marque européenne, des machines fabriquées en Chine. La Chine n’est pas en tant que telle, à ce jour, un concurrent de taille en termes d’offre de machines à bois. Pas en France en tout cas. Dans certaines régions du monde comme le Maghreb, la présence chinoise est plus forte, mais il est presque étonnant de constater que la qualité actuelle des machines chinoises de transformation du bois reste en-deçà de la réputation que la Chine est en train d’acquérir comme nouveau leader économique mondial. 

Lire le communiqué sur les résultats de SCM Group

Légendes : CE sont des machines SCM qui ont usiné le revêtement intérieur de la salle de concert de la nouvelle Philharmonie de Hambourg (architecte : Herzog & de Meuron). Deux années de travail, 10.000 pièces avec une surface toujours différente.

Crédit : Hasenkopf

 

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