Filière bois : frictions en amont

Source:
Fordaq JT
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Tout remonte apparemment à une sorte de petite université d'été des scieurs, fin août, chez ou autour de Dominique Julliot et réunissant le gratin politique du département. Il en est sorti un article le 29 août dans info-chalon qui en remet une louche sur les exportations de grumes de chêne vers la Chine, dans la variante de l'erreur de calcul de l'IGN ("ils ont compté les feuilles"). Peut-être que tout cela n'était pas vraiment le coeur du débat, toujours est-il qu'un petit mois plus tard, les coopératives et Fransylva ont réagi dans un communiqué virulent et tout aussi flou. Du moins en ce qui concerne l'explicitation quantifiée du différend. Tout de même, Fransylva et UCFF affirment : "Nous attendons avec impatience de nouveaux marchés, nous nous engageons à les approvisionner dans la durée notamment par une contractualisation. Si vraiment les scieries françaises ont des problèmes d’approvisionnement ne faut-il pas instaurer des aides au transport qui permettront aux scieries qui disent manquer de bois de pouvoir s’approvisionner dans les régions démunies d’unités de transformation ?"

Commentaire : Malgré le Label UE, les scieries de feuillus semblent manquer de chêne ou au moins de chêne abordable. Les exploitants tablaient sur un écroulement des prix par manque de débouché, mais ce n'est pas ce qui s'est produit. Pourquoi ? Parce que le chêne est sujet à une fièvre quasi spéculative internationale. Les forestiers ont du chêne en stock et se frottent les mains. Pas très loin du Châlonnais, une coopérative fabrique même des pellets à partir de grumes de chêne tellement il manque de débouchés dans ce coin perdu aux bords de la Loire. Le marché chinois crée un appel d'air par intermittence, cela dépend aussi du prix du fret. Il se peut que la transformation française peine à accéder à la matière car sur le marché européen, d'autres payent plus. Plus le chêne rapporte et plus on vient le chercher de loin. La barrière du Label UE est peut-être devenue une passoire dans la mesure où toute l'Europe peut légalement transformer du chêne labellisé UE, et comme tout le monde veut du chêne... La mauvaise récolte viticole 2017 ne changera pas grand chose à l'affaire, sur un marché mondialisé. Certains fabricants de parquet aimeraient bien se rabattre sur d'autres essences mais la demande est tellement rétive qu'ils avouent ne même plus exposer des alternatives. Face à cette situation internationale, qui finalement sanctionne l'échec de fait d'une politique phyto-sanitaire qui s'est soldée par ailleurs par une fragilisation des exploitants forestiers, et dans une situation où la politique de contractualisation de l'ONF est remise en question sur le terrain, il semble bien que le modèle économique national de l'amont de la filière soit à revoir. Pas grave, puisqu'il y a maintenant en place une gouvernance de la filière, avec ses objectifs chiffrés, ses défis. Tout cela va se régler et en fin de compte, le travail de notre confrère châlonnais n'est sans doute le fruit que d'une fuite ou d'une interprétation regrettable.   

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Patrick Michel
la production de sciages français est en baisse constante depuis 20 ans...est il étonnant de voir baisser l'offre de bois ? Le bois est-il rare parce qu'il est cher ou parce qu'il en manque ? De qui l'origine, la poule ou l’œuf ?