Enquête nationale de la construction bois, activité 2016

Source:
Fordaq JT
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Le nombre des entreprises (françaises) actives dans le domaine de la construction bois en France est stable et les effectifs n'ont que très légèrement baissé. le secteur compense le fléchissement sensible de l'activité construction bois par d'autres activités liées au bois dans la construction. Les évolutions régionales sont disparates. L'AURA s'affirme nettement comme première région de la construction bois en France. Le bois perd du terrain sur ses marchés historiques mais progresse sur les nouveaux créneaux, et les entrepreneurs interrogés sont nettement confiants pour ce qui concerne l'activité 2017.

Heureusement qu'on n'a pas fait l'enquête pour 2015, lance Christian Piquet, constructeur bois normand à la fois Vice-Président de l'UMB-FFB et président de France Bois Région. En d'autres termes, globalement, on peut estimer que les chiffres de l'année 2015 étaient encore moins bons que ceux de 2016. Et Christian Piquet précise que même le premier semestre 2016 n'était pas rose. La filière fait donc face à une reprise très récente et encore un peu virtuelle. Que n'a-t-on entendu début 2016 et début 2015 déjà que "l'année passée, c'était terrible, mais maintenant, ça repart !".

Cette "tempête épouvantable" dont parle Christian Piquet, les entreprises l'ont-elles vue venir ? A force de marteler que "le bois avance", les structures d'encadrement de la filière, les organisations professionnelles, les interprofessions, les nouvelles instances comme le CSF, les équipes de prescripteurs régionaux ont-elles pu crier gare ? Basculer en gestion de crise ? La réponse est non. Mais a leur décharge, ces instances étaient encore fraîches, le tissu ne s'est pas complètement délité et il est toujours possible maintenant de tirer les enseignements du passé pour tenter de mieux accompagner la prochaine crise. Surtout aujourd'hui, alors que l'on parle des efforts entrepris pour la veille technologique de filière, de plans Bois et de programmes de recherche. De fait, ces dernières années, l'accent en communication a été mis exclusivement sur un discours positif. Et l'accent a été mis sur les grands projets, les Immeubles à vivre. Christian Piquet estime que le mouvement vers la construction de bâtiments pilotes de 5 étages va tirer le marché du collectif en bois, même si les tours en bois ne sortiront de terre qu'à partie de 2018 et plutôt du côté de 2020.

La stabilité stupéfiante du tissu de la filière donne raison à cette stratégie moyen terme, si ce n'est qu'il faut rappeler que l'objectif fixé était quand même un autre, qu'il s'agissait de sortir de la niche. La filière n'a pas réagi à la suspension du décret de 2010 par le Conseil d'Etat ! Elle ne semble pas non plus avoir pesé pour que le Bâtiment fasse le chemin tracé vers le BEPAS/BEPOS en 2020, et que l'objectif des 500 000 rénovations énergétiques par an soit tenu. Il n'y a pas eu de communication musclée à l'égard des filières maçonnées, c'est un choix mais ces choix méritent d'être interrogés quand les chiffres ne suivent pas. C'est un peu comme si la filière bois s'y croyait déjà, se payant même le luxe de revenir il y a deux ans vers ses vieilles querelles intestines entre l'amont et l'aval de la filière. Etait-ce vraiment le moment de faire le forcing sur le bois français et de démanteler le CNDB ? De laisser traîner les travaux sur les DTU et les incorporations prévues des RAGE ? De laisser partir en vrille le marché du thermotraitement ? De se moquer comme d'une gigne de la remise en cause de plus en plus systématique des bardages en bois par les maires des grandes villes ? De laisser se galvauder la notion d'écoquartier ? En d'autres termes, cette crise est-elle une fatalité ? Une gouvernance d'une petite filière fragile et atomisée peut-elle se permettre de le voir ainsi ? La réponse est sans doute oui. On ne pouvait sans doute pas en attendre plus en l'état. En espérant que le marché reparte désormais pour de bon, la question subsidiaire conserve tout son sens : une gouvernance nouvelle pourra-t-elle, sinon prévenir, du moins anticiper et mieux accompagner la prochaine crise, car crise il y aura ?

Les chiffres de l'étude

Lenquête a fait l'objet ce jour d'une présentation sous forme de synthèse. La version détaillée est pour l'heure réservée aux organismes professionnels, mais elle devrait être mise en ligne fin juin. En fait, on dispose en ligne des différentes synthèses des enquêtes pour 2011, 2012, 2014. Outre une stabilité fondamentale des effectifs salariés des entreprises actives sur le secteur, malgré une baisse sensible des effectifs dédiés à la construction bois, les évolutions les plus notables sont les suivantes :

-les petites entreprises s'en sortent mieux que les grandes

-peu de nouveaux entrants

-diminution du rayonnement moyen

-faible part persistantes des alternatives à l'ossature bois

-faiblesse du Grand Est, au profit de la région AURA

-la part de marché du bois en mi diffus repasse sous la barre des 10%, à 9,1%, et c'est encore pire en groupé.

-le logement collectif avec du bois occupe une part qui reste faible mais est bien orienté, sachant que le chiffre couvre le domaine des résidences et les ouvrages mixtes.

-le marché de l'extension-surélévation progresse peu mais le bois surperforme.

-le bois améliore ses PDM dans le non résidentiel sauf dans le bâtiment agricole qui reste cependant stable. La progression la plus encourageante se situe dans le domaine des Bâtiments industriels et commerciaux.

-les perspectives sont bonnes pour 2017 dans tous les domaines, mais un peu moins marquées en individuel groupé et en non résidentiel. 

-quant à l'information selon laquelle un petit tiers des entreprises prévoit d'investir pour accroître la production dans les deux prochaines années, on ne sait pas si on doit s'en réjouir ou s'en lamenter. Au moins, 40% des entreprises prévoient d'embaucher en 2017 !

Au total, en 2016, la construction bois signe un peu plus de 30 000 logements, chiffre en hausse par rapport à 2014. La surface en non résidentiel reste stable, le recul agricole étant compensé par l'industriel et commercial. Le chifffre d'affaires global de la construction bois s'établit à 1,68 milliards d'euros (-11%). Si les acteurs dégagent moins de chiffre d'affaires d'un volume d'affaires stable ou carrément en hausse, on peut se poser des questions quant à l'évolution des prestations et des marges. Mais il n'est pas interdit d'y lire également un gain de compétivité et de productivité. 

 

 

 

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