Un Batimat intemporel

Source:
Fordaq JT
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A chaque édition, les organisateurs parviennent à recréer ce mouvement de foule impressionnant, et si on comparai les images des différentes éditions, bien malin qui pourrait restituer la chronologie, à croire que rien ne change vraiment dans la construction. Une impression d'autant plus frappante qu'en principe, la France est dans la dernière ligne droite du Plan Climat, qu'elle prépare le passage au BEPOS et qu'elle a ouvert la voie à une large prise en compte du bilan carbone.

Vu de Batimat 2007, Batimat 2017, c'est : à l'entrée des marqueurs sur l'évolution des objectifs vis-à-vis du plan Climat, du nombre de logements rénovés sur le plan thermique. A l'intérieur, beaucoup de bois, mais aussi d'autres matériaux renouvelables. Une immense affiche "Pour moi, c'est le bois". Des stands communs pour proposer des formules BEPOS. D'immenses stads de distributeurs vantant leurs solutions globales, notamment dans le bois.

Vu de 2017, c'est un peu différent. Personne ne parle de 2020 et quand on se risque à évoquer l'échéance 2026, on dérive sur l'info du jour selon laquelle Hulot juge improbable la réduction de la part du nucléaire à 50% dans les délais prévus. Si on en est là avec le nucléaire, que penser des objectifs assignés au Bâtiment ? D'autant que l'on ne sait pas bien où le gouvernement veut en venir actuellement avec sa politique de choc de l'offre. Mais à première vue, ce n'est pas le salon qui va nous éclairer. Un salon d'industriels, comme toujours, un salon de l'offre, pas vraiment un salon de solutions. Mais c'est sans doute intrinsèquement lié à la formule.

Vu de Batimat 2015, on aurait pu penser que partout s'affiche du BIM, du BIM-compatible, mais non. Le soufflé est retombé. On remarque un surcroît d'affluence autour du stand d'Autodesk. Ce qui reste, c'est cette extraordinaire concentration d'acteurs de la construction, certes le plus souvent industriels, mais qui sont en pris avec ce qui se passe, et plutôt pragmatiques. Il faut aussi trier le grain de l'ivraie: la prolifération des stands collectifs chinois traduit-elle une réalité sur le marché français, européen, mondial ? Une anticipation ? Il est vrai que l'autre avantage de la formule salon, ce sont les stands collectifs régionaux ou nationaux. Certes, cela complique la lisibilité, mais on a l'occasion de se faire une idée de l'offre de certains pays. Mais la Chine ? On connaissait les stands chinois masquant les bordures de halls non remplis, maintenant, les champignons poussent partout. 

Il y a les stands collectifs et les stands individuels. La Pologne aurait pu dresser ses étendards, notamment dans la zone du bois, compte tenu de la puissance croissante de cette nation dans ce domaine, mais non, l'offre est éparpillée, peu visible. Pareil pour l'Autriche. A jouer le jeu des pavillons nationaux, pourquoi pas un pavillon France ? Ou bien une sorte de pavillon construction bois France, à défaut ? C'était le moment avec tous ces projets de tours, mais le stand CNDB/FCBA c'est vraiment le service minimum. Certes, tous ces projets ne sont pas encore sortis de terre, c'est un peu tôt. Mais ce salon aurait été une occasion de renvoyer l'ascenseur à toutes les équipes qui ont participé aux concours, en créant un point de rencontre, de débat. Même pas de présentation de maquettes, rien qui attire le regard. Ce sera pour la prochaine fois. 

Batimat 2019 ? A l'entrée du hall 6, sur la gauche, des stands affichant le bois, avec au milieu un lumineux pavillon Chine. Le dernier carré des exposants français du bois, les fidèles parmi les fidèles. De plus en plus d'acteurs de l'Europe de l'Est. 

Ou bien : un pavillon France Bois qui met en avant les forces spécifiques françaises, à savoir le parquet massif, le Douglas, certains systèmes spécifiques comme le Panobloc ou les caissons et la Dalfeu de Simonin, le travail de dentelle de Laudescher, les solutions bois-paille, et surtout l'ingénierie et la maîtrise d'oeuvre française, sans oublier la promotion spécialisée bois. On sait bien que cela ne se fera pas, mais ce serait peut-être utile de réfléchir à ce pavillon France virtuel du bois, à tout ce qui fonde la compétitivité internationale française, tout autant que celle des Wallons et d'autres communautés francophones.  

 

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