Peut-on parier sur le BLC ?

Source:
Fordaq JT
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Vosges Lam se fait remarquer pour l'instant par des stands avec des figures de proues en bois tourné, des charpentes BLC en hêtre, un beau nouveau catalogue et surtout beaucoup de culot. Dans la droite ligne de Weisrock, l'entreprise vosgienne est un spécialiste vosgien du lamellé-collé. L'enseigne fabrique aussi des poutre Duo et fait de la revente de CLT. Petit tour d'horizon en onze questions (à cause du quart de finale de la coupe du monde de foot, NDLR). 

- Pierre Adolff Peduzzi, y a-t-il encore une place pour du BLC français en France ? 

Oui, tout à fait : pour les barres droites si les fabricants apportent des services que ne peuvent apporter les producteurs de masse étrangers ; pour les poutres de formes diverses et variées ou de grande longueur, le transport exceptionnel reste un frein aux entrants étrangers. De plus, les lamellistes français ont une vraie expertise pour ces poutres et apportent un service qu’il n’est possible d’apporter que sur des volumes de niche. 

- Le BLC a-t-il traversé en France une crise profonde ? 

Il la traverse toujours : Banalisation du BLC droit avec forte concurrence étrangère, Forte pression sur les prix de marché pour tout le BLC en lien avec un marché des poutres de haute technicité qui s’est réduit en volume.

- Comment faire pour que le BLC redevienne une solution au goût du jour ?

Le Glulam Handbook sert à crédibiliser le produit en terme de durabilité et de possibilités techniques et de géométrie. Une préface rappelant en quoi c’est un produit actuel eut été utile. Car au-delà de l’esthétique et des aspects environnementaux (matière première bio-sourcée réellement renouvelable), le bois a de nombreux intérêts techniques comme sa résistance au feu caractérisée et mesurée, permettant de garantir des durées de résistance ; sa masse volumique, permettant des transports y compris exceptionnels à coût maîtrisés (à mettre en rapport avec les alternatives); c'est un matériau très adapté à la préfabrication, réduisant la durée et les nuisances liées au chantier et permettant une mise en exploitation du bâtiment plus rapide.

- Une option bois locaux est-elle viable dans le cas de Vosges Lam ? 

Elle l’est depuis près de 20 ans et le sera d’autant plus que l’on tiendra compte du critère C- dans la nouvelle norme E+C-.

- Qu'est ce que le marché en BLC en France aujourd'hui ? 

Le BLC implique pour sa fabrication un séchage à 12%. La tendance du marché sur le long terme à l’échelle européenne va vers l’usage de bois de constructions secs. La France est plutôt en retard sur ce point. C’est une des raisons pour lesquelles le marché du BLC croit de manière importante aujourd’hui en France. 

- A quoi sert une qualification Glulam 32 ? 

A réduire la section de bois nécessaire (et donc le volume et la visibilité des poutres par exemple) pour une même demande structurelle. 

- Les constructeurs bois savent-ils utiliser le BLC ? 

De mieux en mieux. 

- Les architectes du bois savent-ils l'utiliser, et les BE bois ? 

Nous sommes en phase de transition au niveau des architectes en lien avec un déficit d’information de la part des fabricants vers les étudiants en architecture pendant plusieurs décennies sur tous les avantages du bois pour réaliser des projets ambitieux. Une génération de sachants est partie en retraite sans que les nouvelles générations ne réalisent tout l’intérêt du matériau bois. Ce n’est que depuis quelques années que ce travail de communication a repris. Au niveau des BE, la situation est plus favorable, mais souvent ils ne sont pas à l’initiative des projets. Plus généralement il y a tout simplement moins de projets structurants en nombre et les lobbies d’autres matériaux sont bien mieux organisés que le bois. 

- Y a-t-il encore de l'innovation sur ce secteur d'activité ? 

Le BLC en lui-même a été une innovation majeure. Pour mémoire avant, la limite du charpentier était la taille et la forme de l’arbre. Les entreprises fabricant du BLC ont donc l’innovation dans leurs gènes. Les innovations à venir seront à la fois sur le BLC lui-même afin d’améliorer encore certaines propriétés du produit et d’étendre son champ d’application mais aussi au niveau de l’évolution de l’offre de solutions composées intégrant du BLC afin d’accompagner les évolutions des métiers de la construction. 

- Vosges Lam se distingue par sont implication dans le hêtre, et un nouvel équipement pour "sculpter" les poteaux, est-ce important ?

Nous disposons en effet d’une machine nouvelle et unique au monde et c'est un atout pour donner un coup de jeu au marché. En ce qui concerne le hêtre, il s'agit avant tout de relayer les efforts locaux de développement d'une filière constructive. 

- Quelle est la stratégie de Vosges Lam dans la mesure où il est possible de la dévoiler ? 

Il est difficile de dévoiler notre stratégie, visant à démarquer Vosges Lam sur un marché très concurrentiel, sans en dire de trop. Disons que les valeurs de notre entreprise sont Tradition, Qualité, Innovation et que nous allons tâcher de faire en sorte que le marché, tant français qu’international, s’en souvienne. 

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