AICB passe de l'AIMCC à l'UICB

Source:
Fordaq JT
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L'élargissement de l'UICB aux matériaux biosourcés est moins un événement en termes de poids économique que par sa portée symbolique. Depuis l'intéressant colloque de l'UICB à Paris en mai dernier, on se demandait un peu ce que faisait le président de l'UICB, Christian Louis-Victor. Eh bien, il a sans doute contribué ici à opérer un mouvement décisif pour la filière bois, et qu'on attendait depuis trop longtemps. 

Et si les problèmes de la construction bois venaient de ce que la filière bois s'est trop longtemps désintéressée de la filière biosourcée ? Et si la prochaine phase de développement était conditionnée par une approche biosourcée que sous-tend désormais l'intégration de l'AICB aus sein de l'UICB ? Il y a ici comme un changement de culture qui s'amorce. Certes, sur le terrain, la construction bois dans son développement à été portée par de nombreux acteurs de type alternatifs qui voyaient bien la parenté essentielle du bois et des autres matériaux biosourcés. Mais reconnaissons que cette sensibilité n'était pas unanimement partagée par des acteurs notamment industriels, habitués à recourir à des traitements polluants, et concentrés surtout sur l'ambition de rivaliser avec l'industrie du béton. Le label biosourcé s'est fait presque à corps défendant de la filière bois et d'ailleurs cette filière depuis s'en moque. La filière biosourcée a essayé de se constituer seule et à grand peine avec l'échec de Construction&Bioressources, mais la filière bois s'est bien gardée de venir lui prêter main forte, comme si cela n'avait rien à voir avec elle. Bref, on restait au 20e siècle. Mais maintenant, les horizons s'oeuvrent enfin. Imaginez : au sein de l'AICB, il y a par exemple Tradical, le béton de chanvre. Du béton ?! Quelle horreur ! Oui, enfin, en regardant de plus près, ce béton souvent est associé à des structures en bois. On ne va pas raconter ici le cauchemar de l'Asiv, qui explique pourquoi l'AICB qui en émane aujourd'hui est un peu composé de bric et de broc, au point que le communiqué et le site de l'UICB ne s'étendent pas trop sur le nombre des adhérents. Ils sont sept et c'est vrai qu'on a envie de dire les sept nains de l'isolation. Pavatex n'est plsu qu'un département de la division isolation de Soprema, par ailleurs pas biosourcée du tout. Isonat a été repris par isover a un moment où ce marché était au bout du rouleau. Jusque-là, la marge de manoeuvre des acteurs est de fait restreinte. Biofib' Isolation dispose d'un ancrage agricole local, assez différent de l'approche industrielle classique. Steico est un acteur international de l'isolation, des solutions techniques de construction bois (poutres en i, LVL), avec une implantation en France. Gutex est un fabricant de laine de bois et de solutions à base de laine de bois installé en Forêt Noire. Métisse est une émanation de la filière recyclage, tout comme Biofib l'est de la filière agricole. BCB Tradiacl vient directement du monde de la chaux. Et voilà. On ne parle pas de chiffre d'affaires cumulé, pas de représentativité. Pas de ouate, pas de paille, pas de carton recyclé, de liège. Un ensemble assez disparate, à moins d'y voir un embryon de possibilités. Et tout cela arrive alors que le DTU 31.2 est arrivé à la fin de l'enquête publique, et qu'on entend que pour l'instant il ne concernerait que les laines minérales... Ou bien, que les éléments d'isolation par l'extérieur auront une épaisseur limitée à 35 mm... Tout cela arrive alors que Alkern sort un bloc béton "biosourcé", et que l'organisme Karibati, auquel l'AICB participe et qui tente pour ainsi dire de prendre en main les destinées de cette filière biosourcée à défaut de FCBA, propose de distribuer effectivement des labels biosourcés à des produits en béton. Mais bref, mieux vaut trop tard que jamais. Au demeurant, Dominique Millereux ajoute ici patiemment une nouvelle pièce à son grand puzzle, et il faut espérer qu'à un moment ou à un autre, les douze associations se parleront

 

 

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