A l’occasion du Carrefour international du bois, le Service des études et statistiques industrielles (Sessi) du Ministère de l'Économie, des finances et de l'emploi a rendu publique l'édition 2008 du dossier "Le bois en chiffres". La filière bois emploie 231.000 salariés et a réalisé 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2007. En termes d’emploi, cette filière, hors artisanat, représente autant que l’industrie automobile, mais son chiffre d’affaires est trois fois moins important.
La filière bois a perdu 25.000 emplois depuis l’année 2000, à cause du ralentissement de l’activité dans l’industrie papetière (- 15 000 salariés) et dans celle du meuble (- 10 000 salariés).
La production de la filière est stable sur cette période grâce aux performances des industries du travail du bois dont l’activité a progressé de 10 % entre 2000 et 2006.
Toute la récolte commercialisée de grumes n’est pas transformée chez les scieurs français. D’une part, la récolte de grumes de feuillus est largement exportée. D’autre part, le secteur du meuble, qui est le principal utilisateur de ces bois nobles, enregistre une baisse d’activité depuis plusieurs années. Depuis l’année 2000, les volumes de feuillus sciés reculent régulièrement et s’établissent aujourd’hui à 1,8 million de m3. En revanche, les sciages de résineux sont très
sollicités en raison de l’augmentation de la construction neuve en 2003 et la production atteint 8 millions de m3 en 2006. Pour compléter leur offre, les scieurs importent des grumes d’essences destinées aux charpentes, l’épicéa notamment. Les volumes sciés de ce conifère ont d’ailleurs
augmenté de 20 % au cours des trois dernières années.
Évolution de la sylviculture
millions de m3
2004
2005
2006
Stock de bois sur pied
Feuillus
1 328
n.d.
1 500
Résineux
859
n.d.
899
Total
2 187
n.d.
2 399
Volume dont s’accroît la forêt chaque année : production brute
Feuillus
51,1
n.d.
56,7
Résineux
44,1
n.d.
46,4
Total
95,2
n.d.
103,1
Récolte commercialisée
Grumes
20,9
20,9
21,5
Feuillus
5,7
6,1
5,9
Résineux
15,2
14,8
15,6
Bois d’industrie
12,2
12,2
12,0
Feuillus
5,4
5,4
5,2
Résineux
6,8
6,8
6,8
Bois énergie
2,3
2,9
3,0
Total
35,4
36,0
36,5
n.d. (non disponible) : à partir de 2005 nouvelle méthode de calcul, 2006 correspond à la moyenne des campagnes 2005 et 2006
Sources : Scees - enquêtes annuelles de branche des exploitations forestières, Inventaire forestier national
La construction porte la croissance dans le travail du bois
Depuis le début de la décennie, l’activité des industries du travail du bois progresse à un rythme soutenu, excepté pour les articles divers en bois et les objets en liège, dont la production se contracte fortement. Le dynamisme des mises en chantier depuis 2003 profite aux industries de panneaux, de charpentes et de menuiseries. Depuis cette date, les constructions de logements
individuels et collectifs ont augmenté de 40 % et se maintiennent à un niveau élevé. Au cours de cette même période, l’engouement pour la maison à ossature bois a accentué le développement de l’activité des entreprises de charpentes, avec un doublement des quantités produites. Les productions de menuiseries et de panneaux liés à la construction, s’accroissent également mais
dans des proportions moindres (+ 10 %). Ces deux produits subissent en effet, la concurrence des matériaux. La production de menuiseries en bois est deux fois moins importante que celle
des menuiseries en matière plastique. La concurrence des matériaux porte essentiellement sur les fenêtres et les portes menuisées. Les panneaux servant à la structure des maisons sont eux aussi concurrencés par d’autres matériaux comme les plaques de plâtre. Les panneaux Medium Density Fibres (MDF), destinés aux revêtements de sols et à l’ameublement, en particulier aux meubles de cuisine, profitent indirectement de la construction de nouveaux logements. Le secteur des emballages bénéficie de l’activité industrielle générale, et de celle des matériaux de construction en particulier, notamment pour les palettes et les caisses palettes.
En 2007 et début 2008, l’activité de ces secteurs continue d’être soutenue par la construction mais le taux de croissance des mises en chantier ralentit et les conditions de crédits accordés aux ménages sont plus strictes.
Sciages et produits connexes
milliers de m3
2004
2005
2006
Feuillus
1905
1818
1800
dont chêne
850
843
844
hêtre
448
403
418
Résineux
7717
7756
8050
dont sapin, épicéa
4178
4360
4634
douglas
731
776
855
pin maritime
1814
1717
1619
pin sylvestre
602
592
635
milliers de tonnes
Produits connexes
7876
8117
8683
Trituration
4286
4511
4670
Écorces, sciures, déchets
3590
3606
4013
Source : Scees - enquêtes annuelles de branche
La maison à ossature bois dope l’activité dans le secteur des charpentes
Le nombre de construction de ces maisons est difficile à chiffrer car il n’existe aucune statistique offi cielle, la mention n’étant pas inscrite sur le permis de construire. Cependant le Comité National de développement du bois (CNDB) précise que les maisons à ossature bois affi chent depuis 2001 un taux de croissance largement supérieur à celui du marché de la construction.
Néanmoins, ce marché reste encore marginal.
Les maisons à ossature bois représenteraient 4 % des maisons individuelles construites. Les régions de l’ouest de la France - Pays de la Loire, Bretagne et Poitou-Charentes - construiraient
9 % de maisons à ossature bois d’après le recensement en cours.
Actuellement, les maisons « vertes » sont positionnées sur du haut de gamme. Le challenge de demain est de proposer des maisons à ossature bois à des prix d’entrée de gamme sans en altérer les performances, et de pénétrer le secteur du logement collectif.
millions d'euros
Production 2006
Scieries
1577
Panneaux de bois
1833
Menuiseries et charpentes
2282
dont fenêtres, portes-fenêtres
449
portes menuisées
280
portes planes
225
portes techniques
148
charpentes
469
Emballages
1447
Objets divers en bois
279
Objets en liège
201
Total
7619
Champ : entreprises de 20 personnes ou plus Sources : Sessi, Scees - enquêtes annuelles de branche
Une activité structurellement déficitaire...
Le commerce extérieur des industries du travail du bois, structurellement défi citaire depuis de nombreuses années, s’est dégradé en 2007. Le défi cit commercial atteint 1,7 milliard d’euros, contre 0,8 milliard d’euros en 2000. Cette diminution du solde commercial affecte l’ensemble des produits du travail du bois, qu’il s’agisse des scieries, des panneaux ou des menuiseries. Cependant, l’activité des scieries est la plus touchée en raison d’une augmentation importante des importations. Ces dernières ont crû de 58 % entre 2000 et 2006 tandis que les exportations sont restées stables.
Le déficit s’est particulièrement amplifié avec l’Allemagne. Les tempêtes de 2007 dans ce pays ont eu pour conséquence une augmentation importante des flux entrants de grumes d’épicéa, et dans une moindre mesure de pin. En effet, ces importations ont plus que doublé sur cette année et ont alimenté
les scieries du nord-est de la France.
Toutefois, quelques produits enregistrent encore des échanges positifs. Le solde commercial des panneaux de fibres et des panneaux de particules surfacés mélaminés est toujours excédentaire mais se contracte légèrement en 2007. De même les exportations d’emballages en bois et notamment de tonneaux progressent. Elles ont crû de 4 % en 2007.
Malgré cette détérioration du commerce extérieur des produits du travail du bois, le marché intérieur reste assez peu pénétré par les importations. Le taux de pénétration des importations atteint 30 % en 2006, contre 26 % en 2000.